La question du renouvellement de la loi HOPE/HELP demeure un enjeu majeur pour l’économie haïtienne, en particulier dans un contexte marqué par une crise économique profonde, une insécurité persistante et une grande fragilité sociale. Cette législation a, depuis plusieurs années, permis de préserver des milliers d’emplois et de maintenir un minimum d’activité industrielle, notamment dans le secteur textile.
Il convient de saluer les efforts actuellement déployés, tant au niveau des autorités américaines que du gouvernement haïtien et de la diaspora, pour favoriser le renouvellement de cette loi stratégique. Les démarches engagées au Congrès américain témoignent d’une prise de conscience de l’importance de HOPE/HELP pour la stabilité économique et sociale d’Haïti.
Pour ma part, j’ai exprimé publiquement mes préoccupations face à l’absence de la loi HOPE/HELP dans certains paquets législatifs récemment adoptés, tout en appelant à une mobilisation accrue et coordonnée. J’ai également demandé à l’État haïtien de prendre toutes les mesures nécessaires, sur les plans diplomatique, institutionnel et économique, afin de faciliter le renouvellement de cette législation, en collaboration avec les acteurs du secteur privé et les partenaires internationaux.
Il est toutefois essentiel d’adopter une vision lucide et tournée vers l’avenir. La loi HOPE/HELP, aussi importante soit-elle, ne peut constituer l’unique pilier de notre stratégie de développement économique. Elle doit être considérée comme un levier de stabilisation et de transition, permettant à l’État haïtien de créer les conditions favorables à une diversification de l’économie nationale.
Au-delà du textile, Haïti doit progressivement investir et structurer d’autres secteurs porteurs, tels que l’agro-industrie, la transformation locale, les énergies renouvelables, l’économie numérique, le tourisme durable et les services. Cette diversification est indispensable pour réduire la vulnérabilité du pays et offrir des perspectives durables à la jeunesse.
Le renouvellement de la loi HOPE/HELP doit donc s’inscrire dans une approche globale, alliant stabilité politique, sécurité, bonne gouvernance et vision économique à long terme. C’est à cette condition que les efforts en cours produiront des résultats durables et contribueront réellement au redressement du pays.
En définitive, HOPE/HELP représente à la fois une nécessité immédiate et une opportunité de réflexion collective sur le modèle de développement que nous voulons pour Haïti : un modèle plus équilibré, plus inclusif et résolument tourné vers l’avenir.